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Le Palladium à Nice : une œuvre à retrouver

Le Palladium hier : un immeuble de rapport moderne dans un quartier en expansion

Photo 347

En 1929, Paul Gelin-Nigel, de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques de Paris, est missionné pour rédiger le prospectus de vente de ce nouvel immeuble et vanter ses mérites. Parodiant le livre de Remarque, il écrit « A l’ouest du nouveau ! ». Dans ce quartier nouvellement desservi par les voies Gambetta et Grosso, l’architecte Jean-Pierre Labbé et l’ingénieur Gaston Nénot construisent un important immeuble, dont le corps central est organisé autour d’une cour au cœur de laquelle veille la statue de Pallas Athéna. Nice, immeuble Palladium, Gilletta, AMN - copieNice, immeuble Palladium, Gilletta, AMN - copie 2Dans la mythologie grecque, le Palladion était l’effigie sacrée de Pallas Athéna en arme. La statue qui se dresse à Nice est beaucoup plus statique que celle de Carlo Sarrabezolles, présentée à l’Exposition internationale de 1925 et actuellement dans les jardins du Trocadéro. L’immeuble aux références classiques grecques possède néanmoins des touches orientalisantes, comme le haut des chapiteaux des colonnes du rez-de-chaussée ou les corniches traitées en feuilles de lotus de différentes formes. Outre les façades serpentines, offrant à chaque appartement un horizon que ne borne pas l’appartement voisin, la brochure de vente valorise les aménagements les plus modernes de l’époque : eau courante chaude et froide, ascenseur, gaine à ordures ménagères à chaque étage avec chasse automatique qui la rend inodore, « froid central », chauffage central, plafonds et planchers silencieux, téléphone, garage, le tout à disposition également de la domesticité.

L’immeuble est construit dans le matériau phare de l’époque, le « béton coloré » ou « pierre reconstituée », cet enduit de ciment teinté dans la masse et incrusté de divers agrégats. Le soubassement est constitué de pierres.

Le Palladium aujourd’hui : son avenir dépend de son ravalement

Dans les années 1960 l’immeuble est mis en peinture et il demeure encore aujourd’hui recouvert d’une épaisse couche de plastique rose. La majeure partie des garde-corps filants en béton sont remplacés par des ferronneries. La voie rapide construite en 1973 n’améliore pas sa situation. Dans les années 2000 la statue de Pallas Athénée subie quelques dommages, quelques ascenseurs intérieurs perdent leurs caractéristiques stylistiques.

couleur origine

Situé aujourd’hui face à un Jardin d’Intérêt Majeur, dans le périmètre du monument historique de la Cathédrale russe, Construction protégée numéro 347 au PLU de Nice, cet ensemble de plus de 4000 mètres carrés de façades possède encore des atouts, ceux notamment du béton coloré masqué par la peinture qu’il suffirait de décaper. Et il s’agit de beaux bétons colorés incrustés de nacres.

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