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Le Plâtre laqué

Le stuco, mélange de chaux aérienne et de poudre de marbre est utilisé depuis des siècles dans la région niçoise pour la finition des enduits et pour l’élaboration des moulures décoratives en façade (réalisation sur le chantier au calibre ou moulage incorporé dans un deuxième temps). Dans les constructions Art déco il sera utilisé de la même façon, adapté au nouveau style et à l’évolution des techniques : utilisation de la chaux hydraulique et des premiers ciments naturels ou prompts, du béton coloré ou pierre reconstituée et du lap. On en trouve beaucoup dans les parties communes des immeubles, notamment des halls comme à la Rotonde par exemple.

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Le plâtre décoré façon laque des parties communes : un révélateur de couleurs inusitées

A l’exception de quelques bâtiments possédant des parties communes en « faux tuffeau » réalisé en stuc et donnant l’apparence de pierres de tuffeau dont la Rotonde à Nice est un très bel exemple, la plupart des immeubles Art déco du courant ornemental possèdent des murs en plâtre de couleurs très vives rehaussés d’argent ou d’or. Beaucoup d’entre eux ont aujourd’hui été recouverts de peinture, souvent blanche. Trois exemples permettent d’apprécier ces murs qui sont en eux-mêmes des décors : le Rex de Kevork Arsenian boulevard Gambetta, le Palais Hélios de René Livieri boulevard Grosso et l’immeuble de la rue d’Italie de l’architecte Fabre. Constitués en plâtre probablement laqué comme la technique du « laque arraché » si bien perfectionné par Gaston Suisse, le plus grand laqueur et artiste décorateur de l’Art déco. Cette technique, utilisée car étant moins sensible aux chocs et aux rayures, s’obtient « en appliquant sur de la laque fraîchement posée une spatule de bois qu’on appuie et qu’on soulève brusquement, provoquant ainsi par adhérence une granulation en vaguelettes ».

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A ce jour, aucune restauration n’a été effectuée sur ces enduits, souvent méprisés car ils évoquent le gros crépi des pizzerias des années 1970. Mais l’œil moderne n’a pas su voir l’adaptation qu’avait fait les maçons de la fin du XXe siècle du délicat « crépis » Art déco paré de teintes, certes peu usitées aujourd’hui. Vert amande aux reflets argentés, fuschia aux reflets dorés ou marron aux reflets dorés des halls du Rex, du 5 rue d’Italie et du Palais Hélios à Nice, les couleurs ont conservé tout leur éclat.

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