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Angulus ridet à Nice : extrait du livre Art déco une méditerrannée heureuse, Roberte Dallo

« Terrarum ille mihi sempre praeter omnis angulus ridet » Horace, Odes, La, 6, 13

AR basse

L’architecte niçois Emile Ghilionda conçoit en 1936 une villa sur les hauteurs de Nice, quartier de Gairaut, pour Madame Gabrielle Marinoni. « Angulus ridet », littéralement « l’angle rit » ou pour traduire Horace, « ce coin de la terre me rend heureux ». La maison est disposée à l’angle d’un grand terrain surplombant Nice et dont la vue sur la Méditerranée et la campagne niçoise enchante le regard.

La villa épouse le vocabulaire de l’architecture provençale : tuiles rondes, génoises, fronton chantourné, sous-bassement en pierres appareillées, façades à enduit gros grain ocre jaune soutenu, volets pleins comportant une unique percée en forme de feuille stylisée, cadran solaire « Vita fugit sicut umbra » entouré par un sgraffite, faux colombier. Deux putti semblent se disputer gentiment un oiseau, (un aigle niçois ?) au milieu d’orangers : le sgraffite ainsi formé en cartouche rectangulaire orne à lui seul la façade est.

Les claustras en terre cuite habituels ont été remplacés par d’élégantes et discrètes ferronneries. Le traitement des colonnes renflées des galeries sud ainsi que leur socle témoigne de la touche Art déco qui fait de cette villa un hybride parfait de cette période. Les colonnes sont renflées, elles présentent un galbe qui diminue progressivement le diamètre de la colonne vers le bas comme vers le haut. Leur matière, du béton bouchardé à très gros grain teinté dans la masse ainsi que le socle et les linteaux des ouvertures du rez-de-chaussée comportant un liseré lissé imitant la pierre, rappelle la modernité du propos. Il en est de même avec la fenêtre tripartite de la façade ouest surmonté d’un linteau.

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